Dès que j’ai vu la couverture dessinée par l’auteur de ce livre, avec un côté très Tim Burton, gothique, sombre et gribouillé, j’ai tout de suite su que je devais l’acheter. Je n’avais jamais entendu parler de cette trilogie jeunesse, dont le tome 2 et le tome 3, sont déjà sortis chez Grasset et au Livre de Poche ni de cet auteur anglais. Ni une ni deux, je l’ai acheté et je n’ai rien regretté.

Edward Carey, Les Ferrailleurs, Tome 1

L’image de couverture reflète très bien tout ce que l’on va retrouver dans ce roman. L’histoire est très prenante, vraiment originale et digne de Tim Burton niveau bizarrerie. Elle se passe en Angleterre alors en pleine industrialisation au XIXème siècle. On retrouve deux personnages qui s’alternent dans la narration des chapitres. D’un côté Clodius, un adolescent qui appartient à la famille des Ferrayor. Une famille dont tous les membres, plus ou moins éloignés (et ils sont très nombreux) vivent au Château, un immense monument fait de bric et de broc d’objets récupérés dans l’immense décharge qui entoure le château et dont les Ferrayor sont les propriétaires. La crasse et la saleté font partie du quotidien et sont appréciés. Chaque membre de la famille Ferrayor se doit de vouer un culte à la décharge et reçoit dès la naissance un objet de naissance, un objet récupéré dans la décharge lors d’expéditions quotidiennes et périlleuses. Cet objet est lié à son détenteur et il devra être traité avec le plus grand soin. Clod, lui, possède une bonde de baignoire. C’est sa bonde. Mais Clod a la particularité d’entendre certains objets parler. Il les entend crier, parfois chuchoter, toujours des noms. Sa bonde par exemple répète sans cesse "James Henry Hayward !". Clod fait partie des sang purs et donc de la noblesse du château. De l’autre côté on va suivre le personnage de Lucy Pennant, une orpheline vivant à Londres et qui découvre qu’elle fait partie des Ferrayor, de sang-mêlé. Elle se retrouve donc à devoir vivre au Château ou elle doit apprendre tout un tas de règles toutes plus absurdes les unes que les autres pour elle, et doit désormais travailler comme servante. Mais un jour l’objet de naissance de la tante Rosamud disparait, une poignée de porte, et c’est là le début de l’aventure, pleine de rebondissements, de mystère sur ces objets qui deviennent de plus en plus intenables, et c’est là que nos deux personnages vont se rencontrer.

Tout d’abord, l’objet livre est très beau même en poche, on retrouve la même couverture que chez Grasset avec un petit effet de texture très joli. À l’intérieur, l’auteur nous gratifie de schémas du Château ce qui est pas mal pour s’y retrouver dans son immensité au court du récit. On a également beaucoup d’autres dessins de personnages présents dans l’histoire, dans un style assez effrayant et qui fait encore penser à Tim Burton. Toutes les illustrations sont de l’auteur et pour ma part cela apporte un vrai plus au livre.

La maison parlait : elle chuchotait, jacassait, gazouillait, criait, chantait, jurait, craquait, crachait, gloussait, haletait, avertissait et grognait. Des voix jeunes, hautes et gaies, de vieilles voix, brisées et tremblantes, des voix d'hommes, de femmes, tant et tant de voix, et pas une seule qui vînt d'un être humain, mais des objets de la maison qui s'exprimaient, une tringle à rideaux par-ci, une cage à oiseaux par-là, un presse-papiers, une bouteille d'encre, une latte de plancher, une rampe, un abat-jour, une poignée de sonnette, un plateau à thé, une brosse à cheveux, une porte, une table de nuit, une cuvette, un blaireau, un coupe-cigares, un œuf à repriser, des tapis petits et grands.

L’histoire est hyper originale et on est assez dépaysé par cet univers gothique, un poil steampunk et très bien construit. La patte anglaise est bien là et c’est un vrai plaisir à lire. Les personnages sont très attachants et intéressants, que ce soit Clod ou Lucy, et le côté XIXème siècle est très plaisant. Il y a énormément de mystère dans cette histoire, notamment au niveau des objets et de la relation entre eux et les humains. On sent qu’il y a des choses qui sont cachées et que l’on découvrira par la suite. Quelques réponses sont apportées dans ce premier tome mais on a très envie de lire la suite. J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de l’auteur qui use de beaucoup d’accumulations dans ses descriptions ce qui fait le parallèle avec la multitude d’objets présent dans le Château et autour dans la décharge. Le style fonctionne parfaitement avec cette histoire foisonnante grâce à la personnification de la décharge qui devient presque un monstre qui englouti tout sur son passage et provoque des tempêtes.

Voici un premier tome d’une trilogie vraiment prometteuse et originale tant par son style que par son univers et son histoire. On ne s’ennuie pas, on est pris dans l’histoire et on a très envie de lire la suite. J’ai adoré cette ambiance de brocante, avec toute la saleté, le Londres du XIXème siècle, la Décharge et le Château. J’ai très hâte d’en savoir plus sur Le Faubourg, le lieu situé entre Londres et la Décharge, qui est une ville misérable et que l’on découvrira dans le tome 2.

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