Cet hiver, la chaîne Syfy nous a réchauffé avec sa nouvelle série qui sentait l'alcool, la sueur, le sang et la drogue dans un New York sale et malsain pendant la période de Noël. L'histoire pourrait sembler classique, un ex-flic doit retrouver sa fille kidnappée en dérouillant du criminel, mais on vous a dit qu'il y avait une licorne bleue avec des ailes ? À la base un comic book en quatre chapitres, c'est son auteur Grant Morrison qui a choisi de l'adapter en créant ce show télévisuel.

Poster de la série Happy!

Nick Sax est un ancien policier plutôt porté sur la boisson et les drogues en tout genre qui enchaîne les contrats en tant que tueur à gage. À la suite d'une fusillade il va faire la rencontre de Happy, l'ami imaginaire de Hailey et accessoirement une petite licorne bleue volante. Happy va alors convaincre Nick d'aller sauver la petite fille qui est prisonnière d'un Père Noël aussi instable que sordide.

Le premier épisode ouvre la série sur un délire halluciné de Sax et donne directement le ton. Au programme, de la violence, de l'absurde, des scènes stylisées et une ambiance glauque. Quarante minutes plus tard, après une évasion de Nick aussi sanglante que rocambolesque, on est paré pour les huit épisodes du show.

Ici, la licorne n'est pas synonyme de série familiale, les combats bien chorégraphiés dans leur violence et leur inventivité, et le côté gore volontairement appuyé des effusions de sang sont réservés à un public averti. Il en va de même pour les dialogues remplis d'humour noir, de cynisme et de moments malaisants. Cependant, le personnage de Happy va apporter une certaine fraicheur à la série avec son design cartoonesque tout mignon et son optimisme persistant. Ses idées naïves sur la bonté des gens et sa joie vont créer un décalage avec Nick, en plus de l'énerver assez facilement, pour apporter une autre dimension à la série et faire évoluer le personnage désabusé de Sax.

Happy!, la série, est portée par la géniale performance de Christopher Meloni imparable dans la peau de l'ex-flic déjanté, il enchaîne les punchlines ponctuées par ses expressions faciales (et ses faux airs de Vincent Lagaf') lorsqu'il fait face à des situations improbables ou quand il se démène constamment avec son écharpe trois fois trop grande. Happy, la licorne, est interprété par le fan favorite Patton Oswalt et sa voix reconnaissable entre mille qui donne du charme et un attachement immédiat pour ce petit personnage bleu tout mignon.

Si la narration joue avec les codes du buddy movie, on va avoir l'occasion de suivre plusieurs intrigues mettant en avant une galerie de personnages secondaires tous aussi différents que barrés. Ces histoires annexes sont traitées avec originalité autant dans la forme que dans leur fond, toujours avec cette touche dérangeante. On y parle de trafic d'enfants, d'orgie bourgeoise ou de téléréalité sous des angles qui sortent radicalement des sentiers battus.

La série souffre par moments d'un budget limité ce qui se ressent dans certains effets visuels, mais la réalisation inventive arrive à se débrouiller pour faire passer la pilule. La direction artistique sombre et désaturée qui revient souvent sur ce genre de production ne sera pas forcément au goût de tous (pas trop au mien en tout cas) même si elle permet d'appuyer l'ambiance malsaine du show.

Après Blood Drive, encore une excellente surprise en provenance directe de chez Syfy. Visuellement et narrativement originale, Happy! envoie le gros pâté à base d'humour noir, de scènes d'action efficaces et de situations malaisantes. La série est déjà renouvelée pour une deuxième saison, il n'y a plus qu'à espérer et attendre une éventuelle diffusion sur la chaîne française de Syfy.

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