Douze ans après l'arrêt de Enterprise, la cinquième série Star Trek. Cinquante et un ans après la diffusion de la série originale, mais dix ans avant ses événements. Sans tenir compte des trois nouveaux films produits par J. J. Abrams, ceux-ci se déroulant dans un univers parallèle. La nouvelle série Star Trek Discovery a tout pour perdre le néophyte avec sa continuité compliquée. Mais en vérité, c'est beaucoup plus simple.

Star Trek Discovery

Cette série se déroule une dizaine d'années avant les aventures du capitaine James T. Kirk et de Monsieur Spock, alors que la guerre éclate entre la Fédération et les Klingons. On va suivre Michael Burnham, une humaine élevée par les vulcains et Premier Officier sur un vaisseau de Starfleet, qui se retrouve condamnée par la cour martiale après avoir désobéi à son capitaine. Six mois plus tard, alors qu'elle est en transit pour changer de prison, elle se retrouve à bord de l'USS Discovery, un vaisseau très particulier qui semble renfermer autant de mystères que son capitaine, Gabriel Lorca.

Cette série a été créée par Bryan Fuller (Hannibal, American God) qui avait déjà été scénariste sur les séries Star Trek Deep Space Nine et Voyager et par Alex Kurtzman (Fringe) qui avait travaillé sur les deux premiers films Star Trek de J. J. Abrams. Dès le début, on profite de l'expertise des deux compères, surtout celle de Fuller, qui nous offre une belle direction artistique, propre et soignée avec des effets visuels de qualité, des jolis décors et des costumes globalement appréciables.

La première saison est divisée en deux arcs principaux intéressants qui sont la compréhension du moteur si particulier du Discovery dans un premier temps, puis la fuite de l'univers miroir où la Fédération n'a jamais existé et laisse sa place à l'Empire Terran. Le tout est agrémenté de quelques intrigues sur certains personnages et, en toile de fond, la guerre contre les klingons et la recherche d'une solution pour établir la paix. Des twists ponctuent cette première saison et, même si certains sont maladroits, on se laisse surprendre et on apprécie quand ils permettent de relancer une série qui s’essouffle beaucoup trop souvent. En revanche, on a droit à de très bonnes idées de science-fiction, dont certaines assez originales, qui contribuent à la qualité de Star Trek Discovery.

Malgré le thème principal de la série, qui reste la découverte et la compréhension de concepts scientifiques ou de civilisations extraterrestres, je ne retrouve pas la même magie et l'innocence que j'aimais tant dans la franchise Star Trek. Même si quelques épisodes rappellent les grandes heures de la saga, notamment celui de la boucle temporelle ou l'exploration de la planète forestière Pahvo, le ton global se veut sérieux. On s'amusera à relever les références et les fans les plus investis chercheront les bons (et surtout les mauvais) raccords avec la continuité existante de l'univers Star Trek.

Côté casting, on retrouve Sonequa Martin-Green (Orange Is The New Black) qui incarne le personnage de Michael Burnham tantôt avec justesse, mais parfois à côté surtout dans les passages plus dramatiques. Cette même faiblesse est partagée avec Shazad Latif qui livre une performance très moyenne du personnage de Ash Tyler ce qui renforce l'impression que cette intrigue est mal exploitée à l'écran. Heureusement, la série peut compter sur un duo d'acteurs fan favorites que sont Jason Isaacs (Harry Potter), parfait en Gabriel Lorca, et Michelle Yeoh qui incarne ici la capitaine Philippa Georgiou.

Cette première saison de Star Trek Discovery est très inégale et comporte autant de vrais bons moments intelligents que de phases faibles. Portée par un casting tout autant en dent de scie, la série à tout de même le mérite de poser un nouveau regard sur l'univers de Star Trek et peut même être une bonne porte d'entrée. Si certains enjeux ont moins convaincus que d'autres, Star Trek Discovery reste une série de science-fiction appréciable à défaut de contenter tous les trekkies (mais qui pourrait s'en vanter ?) et arrive à redistribuer les cartes en fin de saison, tant au niveau de l'histoire que de l'équipe créative, pour peut-être proposer un contenu différent par la suite.

Commentaires (2)

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    1. Au final j’ai quand même bien aimé, mais j’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçu parce que j’aime l’univers si particulier de Star Trek et les créations de Bryan Fuller. Et même si on n’atteint pas la qualité de Hannibal ou d’American Gods, ça reste une bonne série de science-fiction :)