Je continue mon petit bonhomme de chemin dans les livres de la collection Métamorphose des éditions Soleil, et cette couverture de Satanie me faisait de l’œil depuis un moment déjà. C’est comme toujours un très bel objet avec de la dorure sur le titre et une illustration pleine page qui est magnifique. Ce qui m’avait retenue de l’acheter c’est que lorsque j’avais ouvert ce livre j’avais été déçue par les dessins intérieurs. Mais finalement je suis contente d’avoir pu mettre la main dessus à la médiathèque.

L’histoire m’a pas mal plu, on y trouve Charlie qui organise une expédition de sauvetage pour retrouver son frère disparu sous terre. Il affirmait pouvoir prouver l’existence de l’Enfer au cœur de la Terre mais il n’est jamais revenu. L’expédition descend donc dans une grotte, toujours plus profondément dans la Terre et va de découverte en découverte. Les Sataniens existeraient-ils vraiment ?

On a donc un petit côté Jules Verne et son Voyage au Centre de la Terre mais dans une version sous acide, champignons et autres psychotropes. Je ne saurais dire si j’ai véritablement aimé cette lecture, ce qui est sûr c’est que c’est très étrange et qu’on nous laisse avec des questions sans réponses à la fin de ce premier tome. Au fur et à mesure que les personnages descendent dans la Terre on va passer d’une histoire "réaliste" à un délire psychédélique complètement barré et flippant. Les décors, les découvertes vont se métamorphoser au fil des pages et devenir de plus en plus colorées, aux formes étranges. Psychédélique, tant dans le choix des couleurs (au départ très basique, puis beaucoup de rouge, puis des couleurs vives qui s’affrontent, comme du violet et du jaune, du vert et du orange, du bleu etc.) que dans les formes qu’ont la faune et la flore du monde d’en dessous. J’ai bien aimé cette progression sous LSD. Je ne saurais pas dire ce qui me dérange avec cette histoire, mais il y a un petit quelque chose qui n’a pas fonctionné. Peut-être que je ne vois pas trop où les auteurs veulent en venir avec cette BD.

En ce qui concerne les illustrations, je suis là aussi mitigée. Les dessins ont été réalisés par Kerascoët qui est un couple d’illustrateur travaillant surtout l’encre, l’aquarelle, ce qu’on retrouve ici. L’illustration de couverture est magnifique mais quand on ouvre la première page on est quelque peu déçu. Les personnages font très enfantins (alors que l’histoire ne l’est pas du tout, on a des scènes un peu trash, ou osées) et j’aurais préféré un autre type de dessin pour eux compte tenu de l’histoire. En revanche les décors sont bien faits et précis, plus on avance au fil des pages et plus les décors sont impressionnants avec notamment des doubles pages qui m’ont bluffées à la fin. Comme je l’ai déjà dit, l’utilisation de la couleur est très étonnante, très vive.

En bref c’est une BD très spéciale, étrange et assez déroutante. Je la préfère à Yaxin, le Faune Gabriel qui m’avait un peu ennuyée, car au moins celle-ci m’a fait réfléchir et m’a procuré des sensations étranges. Cette BD est donc une expérience particulière que je recommande si on est en quête d’étrangeté.

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