Joe Hill est le fils de Stephen King, il est aussi écrivain et travaille également les genres de l’horreur, du thriller et du fantastique. J’avais déjà pu lire il y a quelques années Le Costume du Mort qui m’avait beaucoup plus. C’était une histoire originale, assez sanglante et terrifiante. Ensuite j’avais pu découvrir son recueil de nouvelles Fantômes, Histoires troubles que j’avais beaucoup aimé également. J’ai également Cornes dans ma PAL qui me fait très envie car j’avais adoré le film qui l’adaptait avec Daniel Radcliffe. Mais à l’occasion du Cold Winter Challenge je me suis dit que Nosfera2 serait plus approprié car il tourne autour du thème de Noël, de façon horrifique bien sûr.

Joe Hill Nosfera2

On va suivre La Gamine, Vic, qui grâce à son vélo a la faculté de traverser un vieux pont derrière chez elle, qui la fait ressortir exactement là où elle en a besoin. Ce pont, elle n’est pas sûre de savoir s’il existe vraiment ou s’il est juste dans son esprit. Charles Manx aussi a un pouvoir particulier, au volant de sa Rolls-Royce de 1938, il kidnappe des enfants et les mène hors de la réalité, dans son propre monde appelé ChristmasLand, un parc d’attraction glauque où on y fête Noël tous les jours… Vic va en faire la connaissance étant enfant et cette déplaisante rencontre la marquera et la hantera pendant toute sa vie, jusqu’à ce que tout recommence à nouveau et qu’elle doive affronter son adversaire une dernière fois.

Il percevait la musique et les hurlements des enfants. Pour un peu, on aurait cru qu’on les découpait vivants.

J’ai vraiment apprécié cette lecture, même si j’ai mis du temps à la lire car il s’agit d’un bon pavé de presque 800 pages qui prend du temps. On est sur une histoire qui va se dérouler de la jeunesse de Vic à l’âge adulte alors qu’elle-même est devenue mère, ce qui rend ce livre un peu long mais à juste titre. Car il faut bien développer l’univers et la psychologie des personnages notamment celle de Vic. Et Joe Hill, comme son père, est très fort pour cela, on arrive pleinement à comprendre et à se mettre dans la peau des personnages qui paraissent très réalistes. Même si le livre est long, on ne s’ennuie pas vraiment car il y a tout de même beaucoup de passages horrifiques qui nous surprennent quand on ne les attend pas et beaucoup d’action.

Le gros point fort du livre est l’originalité du thème traité. On y parle du pouvoir de l’imagination mais de façon vraiment poussée et hyper intéressante. Puisque là, l’imagination va permettre à certaines personnes de moduler la réalité à leur convenance, moyennant un certain coût physique, différent pour chaque personne.

J’ai également beaucoup aimé les personnages et leur développement. Charles Manx est vraiment terrifiant. Ce n’est pas un psychopathe violeur d’enfants, c’est un véritable démon qui se nourrit de l’âme des enfants pour assurer sa longévité et le pire c’est qu’il pense réellement ne pas faire de mal aux enfants. Que ce soit physiquement ou dans sa façon de s’exprimer il est vraiment flippant, sadique et malin. C’est un méchant très réussi ! Le personnage de Vic est également assez riche et j’ai beaucoup apprécié qu’une fois adulte elle refuse de croire à sa réalité et à son pouvoir et préfère se croire folle. Tandis que son mari, Lou pense tout le contraire et la croit dans tout ce qu’elle dit, aussi dingue que cela puisse paraître. Cet inversement habituel des rôles est vraiment intéressant et fait du bien. En plus de ça Vic n’est pas un stéréotype d’héroïne qui combat les méchants, elle a eu son lot de mauvaises actions et a eu une vie difficile. Même en tant que mère, tout n’est pas simple. Même les personnages secondaires sont bien travaillés, intéressants et crédibles.

J’aime beaucoup le style d’écriture de Joe Hill qui n’est pas sans rappeler celui de son père mais en parfois encore plus cru et percutant ce qui rajoute un côté malsain à la lecture, qui pour ma part me plait beaucoup. Et la façon qu’à l’auteur de pervertir Noël ou en tout cas d’en donner une vision cauchemardesque fonctionne très bien : chanson, décoration, tout y passe et nous fait voir Noël comme la pire des fêtes et on a plus envie d’en entendre parler. Si vous aimez le côté mignon et joyeux de Noël, ce livre ne sera pas pour vous.

Les mouches à merde avaient l’éclat des pierres précieuses.

On a donc ici un excellent roman qui traite du pouvoir de l’imagination de façon intéressante et originale. Évidemment on a affaire à un roman horrifique qui nous donne son lot d’horreur et d’ambiances malsaines. Le rapport à Noël du roman est très dérangeant et du coup c’est un livre qui change vraiment des lectures qu’on peut avoir pour cette période de l’année. Je le conseille vivement aux amateurs du genre et pour ma part j’ai très hâte de me plonger dans Cornes, un autre gros roman de l’auteur.

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